André Roux


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Par Thérèse Roux-Laliberté et Marie-Claire Roux-Mager


André est né à Saint-Pierre-les-Becquets le 30 novembre 1894. Son père, Albert, décède en 1912 à l'âge de 48 ans, laissant son épouse Léontine, mère de 13 enfants, veuve à 50 ans.

Les ainés sont mariés. Philomène est déjà au noviciat des Sœurs de la Providence. Dès lors, Léontine compte sur André, âgé de 17 ans, pour prendre la relève auprès de ses six frères et sœurs. Alphone est pensionnaire au séminaire de Nicolet, et le cadet de la famille, Jean-Baptiste, n'a que 7 ans.

En plus de cultiver la terre, André fait preuve de plusieurs initiatives comme presser le foin pour les fermiers du voisinage. Un hiver, il monte bucher au chantier de la région de LaTuque. Au cours des années 1920, il épierre la terre paternelle, descend cette pierre près du fleuve Saint-Laurent pour l'acheminer vers la rive nord, sur un pont de glace, pour le macadam du Chemin du Roy.

mariage andre lucia

Secondé par son frère Jean-Baptiste, il se lance dans l'élevage des renards. Leur compagnie, Renardière de la Rive Sud, est assez florissante. La vogue du renard argenté les conduit aussi loin que l'Ile-du-Prince-Édouard pour la vente des peaux et des couples reproducteurs. C'était tout un périple à l'époque, et ce en «Ford à pédale».

C'est à l'âge de 34 ans, par un 26 juin 1929, que André épousera Lucia Bernard, institutrice à Fortierville. Il hérite du bien paternel acquis par son grand-père Noël Roux en 1875. Sa mère, Léontine, demeure avec la famille qui s'élargit de huit enfants au cours des années. Sa présence au foyer est un apport important dans l'évolution de la maisonnée.La Grande Crise survient dès le début de leur vie de couple. Puisque la renardière est en déclin, il a ses «petites négoces» : une agence de tôle et une centrifugeuse (de Laval) pour le lait.

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Déjà directeur de la Compagnie d'assurance Mutuelle de la paroisse de Saint-Pierre-les-Becquets regroupant une douzaine de paroisses, André accepte, en 1936, le poste de secrétaire-gérant de la compagnie où son grand-père Noël y fut estimateur en 1891. En comptant sur l'aide de son épouse, il développe au cours des années, une gamme de services en couverture de risques qui complète les besoins de la clientèle, fondant ainsi un bureau d'assurances générales, lequel deviendra au fil des ans, Roux et Fils Enr. avec le concours de son fils Louis-Pierre.

La culture et la ferme gardent leur importance. Son passage à l'École d'agriculture de Nicolet témoigne de son  intérêt constant. Bien secondé par son épouse, toujours avide de renseignements auprès des agronomes, il expérimente la culture du lin, de la betterave à sucre, cultive fruits et légumes vendus aux marchés de Québec et de Trois-Rivière.

De l'élevage domestique de poules, oies, canards, lapins et moutons, il poursuit pour des fins lucratives, l'élevage du porc et du poulet à rôtir. Il enregistre son troupeau de vaches au contrôle de la production laitière. Pour en améliorer le rendement, il fait l'acquisition d'un géniteur et de quatre génisses enregistrées à la ferme expérimentale de Lévis, ce qui s'avéra une bonne décision.

En 1942, il remporte une médaille d'argent octroyée par l'Ordre du mérite agricole du ministère de l'Agriculture du Québec. Ce fut un témoignage de reconnaissance fort apprécié de nos parents.

Il s'implique socialement comme conseiller municipal puis maire de la paroisse, comme commissaire d'école. Marguiller au conseil de fabrique, il met sur pied le comité qui réalisa le service d'aqueduc pour le 2e rang de Saint-Pierre, ce qui met fin à l'exploitation en société, avec deux voisins, de la petite station de pompage d'eau actionnée par «une roue à chien».

therese grange

L'apport d'un employé est nécessaire pour de nombreuses années. Au fil du temps, les enfants coopèrent et s'impliquent à leur tour dans différents projets, de l'élevage de bovins de boucherie, jusqu'à la culture de chaux. Cependant, aucun des garçons n'assurera la continuité et il vendra ses terres en 1972. Aussi, le couple aura beaucoup investi dans l'instruction de leurs enfants...

Autodidacte, André fut un lecteur assidu du journal Le Devoir, fondé par Henri Bourassa en 1910. Il avait beaucoup d'admiration pour plusieurs de ses contemporains, tels Filion, Jean-Louis Lévesque, Laurendeau, Ryan et René Lévesque. Il était fin causeur et aimait discuter politique et actualités. On se rappelle des discussions animées avec ses frère et la «tante Lucienne».

Dans l'année qui suit le décès de son épouse Lucia en 1970, André emménage au Foyer Romain Becquets de Saint-Pierre, dont le président du comité de fondation fut son fils, Louis-Pierre. Son séjour durera une dizaine d'années avec une bonne qualité de vie, jusqu'à ce que son état se détériore à la suite d'une intervention chirurgicale à la hanche, suivie d'une complication pulmonaire. Il décède à la fin d'octobre 1982.

 



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