Lucia Bernard


lucia

Par Thérèse Roux-Laliberté et Marie-Claire Roux-Mager

 

Lucia Bernard est née à Fortierville le 10 mars 1902. Ses parents, Zéphirin et Eugénie Tousignant, sont établis dans le rang Le Petit Six, ainsi nommé pour quelques terres découpées par la rivière Duchêsne. Elle est fille unique puisque sa jeune soeur Parmélie, décède de la méningite à l'âge de 6 ans.

lucia 19ans

Plus tard, ses parents adoptent leur jeune neveu Alexandre Tousignant, orphelin de mère et devenu infirme à la suite d'une rougeole.

Lucia étudie à l'École normale de Beauceville et obtient un brevet supérieur d'enseignement, tout en poursuivant sa formation musicale, doublée d'un talent naturel probablement hérité de ses parents musiciens.

diplome lucia

Elle enseigne au cours supérieurs à l'école de son village de Fortierville. Organiste, elle dirige aussi la chorale, deux activités qu'elle continuera après son mariage avec André Roux, le 26 juin 1929. Sa vie se déroule à Saint-Pierre-les-Becquets dans la maison ancestrale des Roux où vit déjà la mère de son époux, Léontine Brisson.

Avec la complicité de sa nouvelle famille, cette situation privilégiée lui permet de déployer ses talents tout en élevant huit enfants.

lucia enseignante

Elle est d'avant-garde! Conduire la Ford à pédales d'André lui permet de réaliser de nombreuses activités à Saint-Pierre, et par la suite à la paroisse voisine de Ste-Cécile. Elle touche à l'orgue et dirige la chorale, des cours de tissage, d'artisanat, de coupes et de coutures, ainsi que d'art culinaires au Cercle des Fermières de Saint-Pierre dont elle exercera la présidence pendant quelques années (cette association féminine est la plus ancienne au Québec - 1914).

La Grande Crise survient dès le début de leur mariage. Comme rien ne va plus avec la renardière, André accepte en 1936, la charge de secrétaire-gérant pour la Compagnie d'assurance Mutuelle de la Paroisse de Saint-Pierre-les-Becquets et est secondé par Lucia. En effet, elle prendra la responsabilité du secrétariat, tâche qu'elle partagera plus tard avec quelques-uns de ses enfants.

Elle est aussi une partenaire très impliquée dans la gestion de la ferme. Les contacts avec l'agronome régional encouragent les expériences de cultures maraichères, activité qui la conduira occasionnellement au marché de Québec.

Heureusement, pendant plusieurs années, bénéficiant de l'aide d'une servante, elle s'adonne à plusieurs autres passe temps. Très habile en couture, elle confectionne vêtements, artisanat, tricots, tissage, couvertures, etc. répondant simultanément aux besoins de la maisonnée et à quelques items au programme des expositions locale et provinciale des Cercles des fermières. Elle est souvent récompensée de prix décernés par des juges spécialistes en ces matières.

L'année de l'Exposition universelle tenue à Montréal en 1967, lors d'un «concours provincial des abords de ferme», André et Lucia remportent une médaille de bronze : «Ordre, Propreté et Beauté». Notre mère venait de réaliser un rêve et d'avoir sa revanche pour la mention de «Maison aux abords peu attrayants» qui lui fut décernée en 1942 (concours de mérite agricole 1942 - note A. Roux).Une de ses sources d'inspiration et de renouvellement fut sans doute sa réputée contemporaine et amie, Madame Françoise Gaudet-Smith de St-Sylvestre de Nicolet. L'éducation, l'instruction et l'avancement de ses enfants sont d'une grande importance pour Lucia tout au long des années. Sa volonté et une grande curiosité ont mobilisé l'action de notre mère, une femme passionnée.

Au cours de sa cinquantaine, après une mauvaise chute, le nerf sciatique lui cause de pénibles douleurs, entrainant une chirurgie à une hanche et l'obligeant à une réhabilitation. Elle reprend graduellement ses activités en appréciant les plaisirs de plusieurs régions du Québec jusqu'à St-Boniface, ainsi de des U.S.A. (Boston, Floride, etc.). Elle effectuera plusieurs voyages. Une seconde épreuve l'attendait en 1967. Un cancer de l'estomac nécessite une intervention majeure, suivie d'une longue et pénible convalescence. La rémission dure trois ans.

Les dernières semaines avec les siens furent vécues de façon stoïque, repassant le film de sa vie, et faisant l'inventaire et en partageant tout ce qu'elle avait pu faire et accumuler au cours de sa vie dans la maison familiale. Le 11 décembre 1970, elle s'éteint à l'âge de 68 ans et 9 mois.


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