Moulin du Portage

Un patrimoine

Le patrimoine du village de Saint-Louis-de-Lotbinière s’enrichit également de la présence du Moulin du Portage, dans un site enchanteur sur un méandre de la Rivière du Chêne, dont les rapides peuvent surprendre les canoteurs printaniers.

Le seigneur Chartier de Lotbinière fait construire le moulin à farine du Portage en 1816 pour répondre aux besoins des censitaires de l'ouest de sa seigneurie. Muni d'une grande roue à aubes de seize pieds de diamètre, il est activé par la force de l'eau de la rivière du Chêne dirigée dans un canal à l'intérieur du moulin.

Plusieurs meuniers s'y succèderont jusqu'à la fin des années quarante. Toutefois, à partir du milieu du 19ième siècle, le meunier Télesphore Demers et sa femme Éloïse y laisseront leur marque plus que tout autre, allant jusqu'à voir plusieurs de leurs descendants adopter ce métier de meunier au Moulin du Portage.

C'est un "coup d’eau" dévastateur à l'automne 1927 qui met fin brusquement et pour une vingtaine d'années aux activités du Moulin du Portage. On y broyait alors entre les meules de pierre du blé, de l'avoine, de l'orge et du sarrasin.

Un sursaut de vie et l'arrivée de l'électricité amenèrent un dernier meunier, Isidore Auger, à repartir les mécanismes pour quelques années vers 1948. On y moud alors de la moulée pour les animaux et l'essor des meuneries commerciales asséna le coup de grâce à cette technologie issue tout droit du Moyen-Âge. Il fut ainsi totalement abandonné avant d'être redécouvert en tant que témoin du passé et classé "monument historique" en 1964. Il fallut encore attendre jusqu'en 1978 pour qu'il ressorte de l'oubli et que l'on songe à le recycler.

Alors que de peine et de misère, cette imposante structure voyait à nouveau s'activer la population, un terrible incendie qui ne laissa debout que les quatre murs de pierre vint à nouveau le réduire au silence le 17 mai 1988. On mit cinq ans d'efforts acharnés avant de pouvoir le réouvrir en 1993.


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